L’agence de notation internationale Fitch a décidé de maintenir la note de crédit d’Israël à “A” avec une perspective négative. Cette décision fait suite à la dégradation de la note d’Israël annoncée dans le précédent communiqué de Fitch, en août 2024.
La décision de Fitch de maintenir sa note témoigne de l’économie diversifiée et résiliante d’Israël, sa position financière externe forte et ses capacités à forte valeur ajoutée, malgré son ratio élevé de dette publique par rapport au PIB, des risques sécuritaires persistants et l’historique de gouvernements politiquement instables ayant entravé la capacité à mettre en oeuvre des politiques de quelque nature que ce soit.
Selon l’annonce de Fitch, la perspective négative reflète plusieurs défis auxquels Israël est confronté : l’augmentation de la dette publique, des problèmes de gouvernance politique et l’incertitude concernant le conflit en cours à Gaza.
L’agence de notation a souligné que, malgré ces préoccupations, les fondamentaux économiques solides du pays, notamment une économie diversifiée, demeurent des points forts majeurs.
Perspectives Économiques et Attentes Budgétaires
Fitch prévoit une réduction du déficit budgétaire d’Israël à 5,7 % du PIB en 2025, contre 6,8 % en 2024. Cette baisse devrait être le résultat d’une combinaison d’augmentation des revenus de l’État et de réduction des dépenses sécuritaires.
Toutefois, la prévision de Fitch reste supérieure à l’objectif officiel du gouvernement israélien de 4,9 % du PIB pour le déficit en 2025, car le conflit en cours à Gaza n’est pas pleinement pris en compte dans le budget approuvé.
Pour l’année 2026, Fitch prévoit que le déficit diminuera à 4,4 %, sous réserve d’une réduction des dépenses militaires exceptionnelles. En ce qui concerne la croissance économique d’Israël, Fitch prévoit une croissance de 3 % en 2025, et une légère augmentation à 3,6 % en 2026.
La réduction de l’ampleur des mobilisations de la réserve militaire en 2025 et 2026, combinée à une augmentation de la confiance publique à mesure que les activités militaires diminuent, devrait contribuer à la reprise économique.
De plus, le secteur technologique d’Israël, qui a encore une fois démontré sa résilience en 2024, devrait rester un moteur important de la croissance au cours des années à venir.
Risques Politiques et Tensions Internes
Fitch a également abordé la situation politique interne en Israël, mettant en garde contre les risques que les mouvements politiques internes pourraient nuire aux forces institutionnelles du pays.
La récente réforme judiciaire approuvée par la Knesset, qui accroît le contrôle politique sur les nominations des juges, ainsi que les éventuelles démarches pour limoger le procureur général, pourraient affaiblir les mécanismes de freins et contrepoids du pays.
L’agence a noté qu’il existe un sentiment croissant de division au sein de la société israélienne sur certaines questions, ce qui pourrait déstabiliser davantage la gouvernance.
Malgré ces tensions internes, Fitch a reconnu le renforcement de la position d’Israël au Moyen-Orient, notamment concernant le déclin de l’influence iranienne dans la région.
L’affaiblissement des proxys iraniens dans la région a renforcé la sécurité d’Israël et réduit les risques liés à son profil de crédit, bien que les tensions avec l’Iran devraient persister.
L’agence a également souligné que l’action militaire d’Israël en 2024 contre l’Iran a permis d’obtenir plusieurs résultats stratégiques, mettant en évidence les capacités de dissuasion d’Israël.
Conflit à Gaza et Son Impact Économique
En ce qui concerne le conflit à Gaza, Fitch suppose que la poursuite des opérations militaires comprendra des actions aériennes et terrestres intenses, pouvant durer plusieurs mois.
Cependant, l’agence s’attend à ce que le niveau de mobilisation des réservistes en 2025 et 2026 soit inférieur à celui de 2023, ce qui contribuera à atténuer l’impact sur le marché du travail, l’économie et la situation fiscale.
Malgré cela, Fitch estime qu’Israël restera fortement impliqué à Gaza à moyen terme.
Risque de Réduction de la Note à l’Avenir
La décision de Fitch de maintenir la note actuelle n’est pas surprenante et correspond aux attentes de la majorité des analystes sur les marchés.
Certains experts avaient anticipé que, sans l’escalade récente des tensions sécuritaires et des disputes politiques internes, il y aurait eu une réelle possibilité d’un changement de perspective de la note de crédit d’Israël, de négative à stable.
Le maintien de la perspective négative laisse donc planer l’éventualité d’un risque de dégradation de la note au cours des prochaines décisions.
La décision de Fitch a été prise après une visite d’une délégation d’analystes en Israël au cours des dernières semaines, au cours de laquelle ils ont tenu une série de réunions avec des responsables gouvernementaux et économiques de haut rang.
Il s’agit de la première délégation de Fitch à se rendre physiquement en Israël depuis le début du conflit, tandis que les autres discussions avaient eu lieu en ligne ou à l’étranger.
Les Agences de Notation Mondiales et Israël
Les trois principales agences de notation mondiales sont Fitch, Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s ; ces agences évaluent le risque que les pays ne soient pas en mesure de remplir leurs obligations de dette.
Les mises à jour de ces notes ont généralement lieu deux fois par an.
Tandis que la note d’Israël reste relativement solide dans la catégorie “A” pour Fitch et S&P, Moody’s classe le pays deux niveaux plus bas, dans une catégorie de risque moyen-bas, à BAA1.
Moody’s a choisi de ne pas mettre à jour la note d’Israël le mois dernier, mais avec l’annonce de Fitch, les mises à jour des notes de crédit seront complètes lorsque S&P publiera sa décision le mois prochain.
Les notes de ces agences jouent un rôle clef dans la confiance des investisseurs et influencent les coûts d’emprunt du pays.
La décision récente de Fitch de maintenir la note d’Israël à “A”, malgré les défis politiques et sécuritaires, indique que, bien qu’Israël fasse face à des risques significatifs, sa résilience économique continue d’être un facteur stabilisant aux yeux de la communauté financière mondiale.